Brick Lane ou la colonne vertébrale d’une nouvelle génération !

Brick Lane, une rue ou un quartier ? A bien y réfléchir je comparerais Brick Lane à une colonne vertébrale. A sa tête, la Beigel Bake ouverte 24h/24, 7j/7, avec des bagels d’une fraicheur inégalée, hummm mes papilles en frémissent encore. Au Sud vous découvrirez la Whitechapel Gallery, et entre les deux la colonne. Une colonne qui vient soutenir un monde, un dégradé de couleurs, un village, des cultures, des parfums, des musiques, des saveurs, des créateurs, des créations, des tournages de film, une plage de sable fin, vous l’aurez compris c’est un quartier de fou qu’on ne peut qu’adorer !

Pour la petite histoire,
Au 17 ème, les Juifs : c’est en arrivant dans le quartier que les premiers marchés apparurent le dimanche, allant des fruits et légumes au bric-à-brac, cela n’a d’ailleurs pas vraiment changé depuis, puisqu’on y trouve toujours tout et n’importe quoi (vélo volé, fromage français, cigarettes de contrebande, trafic de DVD, outillage en tout genre, chaussure, vêtements, canne à pêche, papier toilette, non vraiment ce marché est très riche lol). Pour la petite anecdote un fameux distributeur de fromages français me confiait que lorsqu’il est venu s’implanter à Londres c’est à Brick Lane qu’il a pu pour la première fois vendre ses fromages, alors qu’il était sur liste d’attente d’au moins 5 ans pour Borough Market, ou Notting Hill. Comme quoi…
Au 19ème Jack the ripper : C’est dans les rues mal famées de Whitechapel que le mystérieux Jacques l’éventreur allait chercher ces proies. Les prostituées frémissaient après le premier meurtre en 1888, depuis le quartier avait une réputation de coupe gorge au sens propre du terme.
Au 19ème, les Indiens : ce quartier est dit “indien” parce qu’on y trouve beaucoup de restaurants de curry mais en fait, comme en témoigne le nom de son supermarché local (Banglacity), c’est en fait un quartier de culture du Bangladesh.

Au 20ème, les Artistes : c’est devenu un quartier envahi par les artistes car on y trouve beaucoup de lofts qui se transforment facilement en ateliers pas chers, à cette époque le quartier n’était pas aussi prisé qu’aujourd’hui. Aujourd’hui, on y trouve de grands noms comme Tracey Emin ou Gilbert & George. Évidement avec un voisinage comme celui-ci, les prix se sont envolés, mais malgré ça, il y a toujours un vieux chauffeur de black cab qui ne sera pas très heureux de vous y déposer car il reste persuadé que ce quartier est pourri de l’intérieur.
Aujourd’hui, Brick Lane subit les mêmes dégâts que Camden, victime de leur succès, les lieux qui faisaient son âme sont détruits les uns après les autres pour aseptiser le quartier en vue des JO. Et tous les looks qu’on aimait voire là-bas disparaissent de plus en plus pour laisser place aux touristes. MAIS il y a une atmosphère dans ces rues que personne ne voulait abandonner, ce n’est donc maintenant plus le dimanche jour du marché que tout se passe, mais le samedi !
Old Truman Brewery
Paragraphe spécial pour une partie de Brick Lane unique, la Old Truman Brewery est une ancienne brasserie datant de 1666. Ses grandes cheminées dominent le quartier et son antre en est devenue le cœur. Il se divise en différents bâtiments et salles désaffectés. Aujourd’hui on y trouve des ventes privées très prisées (Paul Smith, Paul & Joe,…), des expos, des happenings, des magasins, des restaurants, même un bowling ambiance sixty’s.


Vous souvenez-vous de ces bistros français aux allures d’antan, tenue par LA patronne. On y mange une cuisine maison avec un petit verre de vin pour trois fois rien. Et bien, le Seven Stars est la version anglaise de notre bistro franchouillard. La tavernière (Roxy Beaujolais de son petit nom) et ses loufiates nous accueillent chaleureusement dans leur antre. Une délicieuse odeur commence à parcourir la salle et vous laisse imaginer à l’avance ce que vous pourriez manger. C’est donc sans faim que votre regard sera attiré vers le tableau noir du menu du jour. Mais bien au-delà des plaisirs de bouche, c’est un lieu rassurant par sa petite taille, improbable par sa clientèle d’avocats et curieux par tous les détails qui ornent les lieux. Pour ne vous en citer qu’un, il y a une souris accroché à un fil qui pend sous un comptoir. Peut-être une métaphore anglaise en lien avec le barreau, je ne sais pas, mais en tout cas n’ayant pas vu de chat à l’horizon, on peut se demander. Quoique maintenant que j’y repense il y avait bien des photos d’un matou en collerette derrière le comptoir, serait-ce le vestige macabre de feu le chat de Madame la Patronne? Si vous vous sentez en grande forme, posez la question pour nous
Si Homer Simpson voulait trouver un équivalent salé à ses Doughnuts, ce serait le Bagel, ce petit pain rond avec un trou dedans. Sauf qu’Homer ne vit pas à Londres et ne connaîtra jamais la Beigel Bake de Brick Lane. Moi si. Et c’est un peu mon pèlerinage hebdomadaire, mon Ostie dominicale. Mon Bagel préféré ? Salt beef et moutarde quand je suis d’humeur bovine ou alors salmon & cheese quand je veux noyer le poisson. Ou encore nature, à emporter, à congeler et à manger avec une bonne soupe quand je fais ma grenouille de bénitier. Amen.

Commentaires récents